Comment l’infrastructure matérielle d’Internet façonne-t-elle nos manières de penser, de savoir, de recomposer les géographies globales et leurs histoires et enfin d’imaginer l’avenir ? À l’occasion de la résidence de la chercheuse Jess Auerbach Jahajeeah à l’Institut, une conférence suivie d’une table ronde ouverte au public propose d’explorer les enjeux géopolitiques, techniques et épistémologiques des futurs numériques.
16h30 - 18h00
Institut d'études avancées de Nantes
Amphithéatre
Ouvert au public
Conférence en anglais
Table ronde en anglais et français
Sans interprétation
Une conférence pour penser les futurs numériques
Dans le cadre de sa résidence de recherche à l’Institut en décembre 2025 et janvier 2026, la chercheuse Jess Auerbach Jahajeeah donnera une conférence suivie d’une table ronde ouverte au public, consacrée aux infrastructures contemporaines du savoir et aux futurs numériques qu’elles rendent possibles ou impossibles.
Spécialiste des relations entre technologies, savoirs et imaginaires politiques, Jess Auerbach Jahajeeah propose d’aborder Internet non pas comme un espace abstrait ou immatériel, mais à partir de ses fondations physiques : câbles sous-marins, réseaux, architectures techniques et décisions d’ingénierie. Son intervention interroge la manière dont ces infrastructures façonnent profondément l’environnement contemporain de la connaissance, en influençant ce qui peut être pensé, su, partagé ou invisibilisé.
S’appuyant sur des enquêtes ethnographiques menées en Angola, à Maurice, en Afrique du Sud, ainsi qu’à bord du Leon Thevenin, unique navire dédié à la réparation des câbles sous-marins en Afrique, la conférence mettra en lumière les dimensions géopolitiques et territoriales - terrestres et océaniques - des réseaux numériques. Elle montrera comment des milliers de choix techniques apparemment mineurs participent à structurer les circulations du savoir à l’échelle mondiale.
Cette réflexion soulève des questions centrales : quels savoirs produisons-nous aujourd’hui ? À qui sont-ils destinés ? Quels futurs numériques souhaitons-nous construire, et pour qui ? Et surtout, comment imaginer et bâtir des infrastructures de connaissance plus inclusives et plus justes ?
Une table ronde pour prolonger la discussion
La présentation de Jess Auerbach Jahajeeah sera suivie d’une table ronde, modérée par Sophie Halart, qui ouvrira le dialogue avec d’autres regards sur les infrastructures marines, les technologies et les imaginaires océaniques.
Elle réunira Manon Airaud, docteure en anthropologie, dont la thèse a porté sur les mutations du métier de marin dans la pêcherie française du thon tropical à la senne et leur articulation avec les Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP). Son travail analyse, en dialogue avec les sciences halieutiques, les transformations des savoirs, des relations de travail et des dispositifs socio-techniques à l’œuvre dans les pêcheries industrielles. En s’intéressant aux DCP comme acteurs non-humains et objets de controverses, sa recherche interroge les liens entre évolutions technologiques, organisation du travail, représentations du métier de marin et enjeux de durabilité. Elle apportera un regard précieux sur les dimensions méthodologiques, matérielles et imaginaires des milieux marins, où s’entremêlent pratiques techniques et récits puissants.
La discussion accueillera également Franck Schoefs, directeur de l’Institut Universitaire Mer et Littoral (IUML) de Nantes Université. Spécialiste des économies bleues, il travaille notamment sur ces enjeux en lien étroit avec les espaces africains et s’intéresse à la question de la fiabilité des câbles sous-marins dans le cadre de ses activités scientifiques. Par ailleurs passionné de science-fiction, il est membre de l’équipe des Utopiales, apportant à la table ronde une capacité singulière à croiser prospective, infrastructures techniques et imaginaires du futur.
La conférence et la table ronde seront suivies d’un verre, moment convivial propice à la poursuite des discussions avec la chercheuse et les intervenant·es.