La chaire Habiter au prisme des limites planétaires accueille cette année en résidence l’anthropologue Veronica Calvo Valenzuela. Son travail s’articule notamment autour des ateliers Où atterrir ?, qu’elle a co-développés au Collège des Bernardins en dialogue avec Bruno Latour. À travers deux rencontres, les 30 mars et 30 avril, elle propose de mieux comprendre comment cette démarche permet aux acteurs du territoire - urbanistes, architectes, aménageurs, institutions - d’identifier leurs interdépendances, sociales, affectives, économiques et bio-physico-chimiques, avec les milieux qu’ils habitent et transforment.
La première de ces rencontres se tient le lundi 30 mars 2026, de 14h à 18h, à l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes, autour du thème : « Où atterrir ? De nouvelles pratiques pour l’architecture, l’anthropologie et la cartographie ». Participation sur inscription.
14h à 18h
à l’école nationale supérieure d’architecture de Nantes
6 Quai François Mitterrand, 44200 Nantes
Sur inscription obligatoire : https://forms.gle/7d5WHuVg62qYggpP9
En 2017 le philosophe Bruno Latour a proposé dans son essai « où atterrir » une démarche d’autodescription pour rendre visible nos liens de dépendances avec le territoire et par là notre condition terrestre.
Presque dix ans après, qu’est ce que cette démarche a produit dans les métiers de l’architecture et de l’urbanisme ? Comment aide-t-elle à penser les modes d’ancrage territoriaux ?
Veronica Calvo Valenzuela, anthropologue et résidente de la chaire Habiter au prisme des limites planétaires et Alexandra Arène et Soheil Hajmirbaba, architectes de SHAA atelier d’architecture, d’urbanisme et de recherche sur les transformations de l’environnement, vont dialoguer et présenter comment cette démarche inspire leurs pratiques respectives.
Cet espace de dialogue proposera d’expérimenter avec eux un exercice d’orientation au cœur du processus « où atterrir » sous forme d’atelier.
PROGRAMME
14h00 – 14h15 | Accueil des participants
14h15 – 15h00 | Présentation introductive
15h00 – 15h20 | Échange avec le public
15h20 – 15h50 | Temps de travail en groupes
15h50 – 16h00 | Pause et installation
16h00 – 17h00 | Atelier d’orientation : identifier les empêchements et les difficultés dans les projets d’écologie urbaine
17h00 – 17h15 | Conclusion
À partir de 17h15 | Poursuite des échanges autour d’un verre jusqu’à 18h
Alexandra ARENES et Soheil HAJMIRBABA
shaā est un atelier franco-iranien qui travaille à la croisée de l’architecture, de l’urbanisme, de l’écologie et de l’anthropologie sur des projets transdisciplinaires croisant les sciences humaines et les sciences de la Terre. L'atelier shaā est dirigé par deux partenaires aux profils multidisciplinaires et multiculturels : Alexandra Arènes, Docteur en Architecture (FR) et Soheil Hajmirbaba, Architecte Urbaniste (FR/IR). shaā est lié à SOC, la plateforme de recherche cartographique qui encourage les pratiques cartographiques alternatives comme moyen de comprendre la dynamique de la Terre, notamment à travers des collaborations avec Bruno Latour.
L’Atelier explore la manière dont l’architecture questionne et transforme la zone critique de la Terre à travers des connaissances, des pratiques et des recherches situées. Les projets de shaā (recherche-action, architecture et urbanisme) s’articulent autour de l’attention portée aux acteurs d’un réseau cosmopolitique, le partage des compétences comme moyen de réaliser des projets anti-spéculatifs, et les relations avec le sol, les roches et les météores comme fondements de toute intervention sur Terre.
Les travaux de l’atelier ont été exposés lors de biennales du design (Rotterdam 2023, Saint-Étienne 2024), dans des musées (Lieu Unique 2025, ZKM Karlsruhe 2020) et publiés dans des livres : Terra Forma (B42, 2019), Gaïagraphie (B42, 2025), Comment atterrir ? (LLL, 2025), divers articles et conférences.
Verónica CALVO VALENZUELA
"La dernière maison. De l'intégration de l'anthropologie et des sciences de la Terre pour comprendre l'habitabilité en zone critique urbaine"
Ce projet explore les liens entre les dynamiques biophysiques de la Terre et les manières humaines d'habiter le monde. En s'appuyant sur les sciences de la zone critique, ces sciences qui étudient la fine pellicule de vie à la surface de la planète, Verónica propose d'y ajouter une perspective anthropologique, attentive aux différentes formes d'interdépendance qui articulent le territoire, en zone critique urbaine.
Sa démarche reprend la méthode de "l'autodescription des territoires" employée dans "Les ateliers Où atterrir?", co-développés au Collège des Bernardins avec Bruno Latour. Dans le contexte de sa résidence au sein de la Chaire Habiter, Verónica invite les planificateur.e.s du territoire (urbanistes, architectes, aménageurs....) à identifier leurs interdépendances sociales, affectives, économiques et écologiques avec les milieux qu'ils et elles habitent et transforment. Le projet vise à tester auprès de ces experts une méthode transversale et holistique de sorte à réfléchir à des outils en mesure d'appréhender la complexité des problématiques territoriales contemporaines. En dialogue avec les recherches menées à l'Observatoire Nantais des Environnements Urbains (ONEVU), ce projet propose de repenser ce qui fait territoire dans une réflexion élargie sur l'habitabilité de la Terre.