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20 novembre 2020
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La philosophe Katrin Becker estime que lorsqu’il devient possible de façonner son propre accès aux autres depuis un écran, on en oublie la nécessité des contacts directs, fondements de la coexistence sociale.

Sans les technologies numériques, le confinement imposé par la pandémie du Covid-19 serait certainement encore plus insupportable. Grâce à elles, beaucoup d’entre nous (mais certainement pas tous !) ont pu et peuvent continuer à exercer leurs activités professionnelles par télétravail, se procurer des aliments et d’autres biens de consommation sur les sites Web, et enfin rester en contact avec les amis et parents – le tout par clic de souris, et donc sans risque d’infection.

Néanmoins, le malaise qui résulte de l’absence du contact direct avec les amis, les parents, avec autrui tout court, a mis au jour l’objectif-clé des nouvelles technologies : la virtualisation de la société. Car, de fait, la présence physique et les rencontres fortuites se sont avérées soudainement porteuses d’une dimension sociale et, en fin de compte, politique : l’espace public soudainement menacé est redevenu visible comme fondement de notre société démocratique.

Tribune dans Le Monde