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Conférence de Béatrice Hibou :
8 Décembre 2014
Conférence

Conférence de Béatrice Hibou : "Bureaucratisation néolibérale et réformes permanentes. De quelle crise parle-t-on ?"

Le lundi 8 décembre 2014 à 17h30 dans l’amphithéâtre Simone Weil

Conférence organisée dans le cadre des Rencontres de la Maison des Sciences de l’Homme Ange Guépin en partenariat avec l’IEA de Nantes.

Béatrice Hibou est diplômée de Sciences Po (1987). Elle a obtenu son doctorat en économie politique à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) en 1995 et son habilitation à diriger des recherches à Sciences Po en 2005. Elle enseigne à Sciences Po et Sciences Po Bordeaux (3e année section internationale) de 1998 à 2000, à l’EHESS (séminaire "Limites du politique, politique des limites" de 2006 à 2010 et à l’université Paris 1 en 2010/2011.

Membre du comité de rédaction de Politique africaine de 1998 à 2001 et de Critique internationale de 1998 à 2003, elle dirige depuis janvier 2008, la collection "Les Afriques" chez Karthala. Co-fondatrice et vice-présidente du FASOPO (Fonds d’analyse des sociétés politiques) depuis 2003, elle est également responsable du groupe de recherche Sociologie historique de l’économie au CERI.

Elle développe, dans une conception wébérienne, des recherches comparatives en économie politique. Ses travaux portent sur la signification politique des réformes économiques à partir de cas sub-sahariens, maghrébins et européens.

Elle fera une conférence à l’Institut le lundi 8 décembre 2014 à 17h30 sur : "Bureaucratisation néolibérale et réformes permanentes. De quelle crise parle-t-on ?"

 

Thème de la conférence :

Qu’est-ce que la problématique de la bureaucratisation peut apporter à la compréhension de la « crise » que nous serions en train de vivre ? A partir d’une analyse wébérienne de l’une des facettes du néolibéralisme (l’inflation de « formalités » issues du marché et de l’entreprise managériale, ce que Béatrice Hibou nomme la « bureaucratisation néolibérale »), sa conférence propose une lecture alternative à celle de « crise ». Il s’agit moins pour elle d’expliquer des points de rupture, des déséquilibres fondamentaux, l’épuisement de modèles, l’exacerbation de problèmes ou tensions, bref d’identifier les caractéristiques d’une hypothétique crise, que de tenter de nommer des faits et des relations causales, de mettre en évidence des logiques d’actions, des « conduites de vie », des « styles » et des processus de « quotidianisation » qui permettent de comprendre ce qui est souvent perçu comme un ou des symptômes de crise. En mettant en exergue la participation diffuse et fragmentée de tous aux formes renouvelées de rationalisation pragmatique liées au capitalisme contemporain dans le quotidien de chacun, dans le monde professionnel comme dans la vie en société, l’exposé suggère que la « crise » est le nom donné aux tensions entre différentes rationalités ou logiques d’action, à l’évolution incertaine de rapports de force, aux prétextes pour des réformes ou des changements de regard en faveur de la diffusion de ce type de bureaucratisation mais aussi bien à l’expression d’un rejet de ces mêmes réformes. En somme, la construction de la « crise » est un processus politique inégalitaire qui se réalise le plus souvent au profit de ceux qui énoncent de tels discours même s’il n’est rendu possible que par la participation massive de ceux qui en sont la cible.

 

> Affiche de la conférence de Béatrice Hibou