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Calendrier des conférences publiques  2012-2013
1 Octobre 2012
Conférence

Calendrier des conférences publiques 2012-2013

63Les conférences ont lieu 5, allée Jacques Berque, dans l’amphithéâtre Simone Weil.

Mardi 30 octobre 2012, 18h-20h00

« La méthode du transfert du pouvoir normatif autonome en Nouvelle-Calédonie, ou l’articulation entre deux sous-ensembles de cultures juridiques hétérogènes »

Conférence de Marie-Anne Frison-Roche, Professeur à Sciences Po Paris

"La Nouvelle-Calédonie est un territoire d’Outre-mer de la République Française. Ses premiers habitants sont les kanaks, dont la société est dotée d’une culture juridique propre, de nature coutumière, clanique et ne connaissant pas la propriété privée. S’y superpose d’une façon prédominante le système juridique des néocalédoniens, d’origine européenne, arrivés au XIXe siècle, apportant le système juridique métropolitain. Les Accords de Nouméa de 1998 ont posé le principe de la « préservation de l’identité kanak » et posent qu’à partir de 2013, le congrès de Nouvelle-Calédonie sera autonome pour adopter en matière civile et commerciale des lois propres au Territoire. Ce transfert technique de compétence normative est un enjeu de politique majeur : à travers le droit civil, par exemple le statut de la femme ou de la terre, ce sont deux cultures portées par deux histoires qui se sont affrontées, qui se font aujourd’hui face. Dans un climat social très tendu, il ne reste que quelques mois pour penser ce transfert et ce que serait un « Code civil ». L’obtention de cette autonomie normative doit être distinguée de l’indépendance politique du Territoire et le Conseil d’Etat comme le Conseil constitutionnel veillent au respect de la hiérarchie des normes (par exemple propriété individuelle, identité kanak). Mais ce transfert constitue une opportunité historique, qui pourrait se traduire par l’élaboration d’un "véritable" Code civil, dépassant la codification administrative et construisant quelques règle commune à l’ensemble de la société civile du territoire, concrétisant ainsi le "destin commun", objet des Accords de Nouméa, dont le transfert est la conséquence."

Mardi 27 novembre 2012, 18h00-20h00

"Minimal Zurbaran"

Conférence de Victor Stoichita, professeur en histoire de l’art moderne et contemporain à l’université de Fribourg

"La conférence analyse la façon dont le peintre espagnol, Francisco de Zurbarán (1598-1664), approcha les problèmes concernant la représentation du corps de Saint François d’Assise. Elle se propose de rouvrir un dossier apparemment clos depuis longtemps et de réinterroger l’histoire de la perception de certaines images de ce peintre espagnol restées jusqu’à aujourd’hui peu étudiées.

Mardi 18 décembre 2012, 18h00-20h00

"Rendre visible une économie invisible : une enquête en milieu hispano-marocain"

Conférence d’Alain Cottereau, Directeur d’études EHESS, à l’occasion de la publication avec M. M. Marzok de l’ouvrage Une famille andalouse. Ethnocomptabilité d’une économie invisible.

À l’occasion de la sortie du livre d’Alain Cottereau et de Mokhtar Mohatar Marzok, Une famille andalouse - Ethnocomptabilité d’une économie souterraine (Bouchène, 2012), Alain Cottereau présentera une démarche simple et radicale à la fois, sur la base d’une ethnographie minutieuse : face à la déréalisation du monde, face à l’invisibilité officielle de la vie économique réelle, effacée par la dogmatique de l’économie politique prévalente, une anthropologie de l’évaluation est possible, avec des exigences scientifiques, à condition de revenir aux phénomènes : c’est la reconquête d’une simplicité contre les fausses évidences, en commençant par réapprendre à compter. Au départ, se demander : qu’est-ce qui compte dans la vie. Puis, prendre les moyens de savoir ce qui compte pour des milieux sociaux donnés. Ensuite, formaliser une comptabilité contextuelle, sans dénaturer ce qui est « incomparable ». Ainsi en est-il de l’enquête sur le milieu hispano-marocain sur laquelle s’appuiera la conférence. Quand Alfred Schutz, ami phénoménologue de Husserl, en 1938, entendait son jeune condisciple Friedrich Hayek, dans un séminaire d’éminents néo-classiques autrichiens, parler de « données » (économiques), il demandait : « données à qui ? »

Mardi 29 janvier 2013, 18h00-20h00

"Empire, Nation et Histoire : mise en scène du pouvoir russe dans le cinéma contemporain russe"

Conférence de Ulrich Schmid, professeur de culture et société russe à l’université de St. Gallen, Suisse.

" La production cinématographique actuelle en Russie s’intéresse de près à l’histoire nationale. On tourne des films sur l’année "1613", événement au cours duquel les Russes ont expulsé l’armée polonaise de Moscou, également sur l’amiral des russes Blancs "Koltchak", ou encore sur le danger mongol dans "La Horde". Dans tous ces films, la religion joue un rôle très important. L’orthodoxie russe y fonctionne comme un instrument de légitimation du pouvoir de l’Etat; des arguments républicains opposés, comme par exemple le contrat social, sont la plupart du temps écartés. Ce cinéma russe à caractère patriotique est par ailleurs souvent financé par des entreprises proches du gouvernement actuel comme Gazprom ou Renova. Tous ces films laissent transparaître la présence d’une politique impériale, qui fonctionne comme liant social pour une Fédération Russe cherchant par tous les moyens à éviter le destin de l’URSS. "

Mardi 12 Février 2013, 18h00-20h00

"Comment écrire une histoire du christianisme?"

Conférence de Jean-Robert Armogathe, directeur d’études en sciences religieuses à l’EPHE (Paris)

« Le christianisme est la seule religion qui a tenu à écrire sa propre histoire, peut-être depuis les Actes des apôtres (et les Évangiles), en tout cas expressément depuis Eusèbe de Césarée auteur d’une Histoire ecclésiastique au IVè siècle. Y a-t-il pour autant une spécificité de « l’historien religieux » (autrement dit : du spécialiste de l’histoire religieuse, où l’adjectif épithète est équivoque) ? Il est cependant difficile d’établir déjà son objet de son étude (chaque époque a connu son type d’histoire « religieuse »)

C’est toute la difficulté et la gageure d’une histoire générale, allgemeine Geschichte, qui ne prétend pas parler de tout, mais qui prend de la hauteur pour resituer les événements concernant le christianisme à la fois dans la longue durée et dans un grand espace mondial : christianisme des papes et des conciles, mais aussi celui des peintres et des savants, des saints et des libertins : le christianisme est souvent vu par les yeux de ses adversaires, mais aussi du point de vue de la société – quand il essaie de réguler l’espace et le temps, la culture et les institutions.

De nombreuses questions sont soulevées par un tel projet : quelle place l’Église catholique occupe-t-elle dans cette Histoire générale ? – une place différente selon les époques, où elle semble se détacher peu à peu sur le fond général du christianisme, dans une identité croissante ? Comment le particulier, la microhistoire peut-elle s’articuler sur une histoire générale ? Quelle place l’histoire de la foi reçoit-elle dans une démarche scientifique ? »

Mardi 19 Février 2013, 18h00-20h00 en association avec le CNAM à la cité des congrés de Nantes (salle 300)


Conférence de  Alain Supiotdirecteur de l’IEA de Nantes et professeur au Collège de France avec la participation de Jean-Claude Guillebaud, essayiste et journaliste au Nouvel Observateur, ancien grand reporter au Monde.

Mardi 12 Mars 2013, 18h00-20h00

"L’Inde et le monde émergent"

Conférence de TCA Rangachari, Ancien ambassadeur d’Inde, Directeur de l’Académie des Études Internationales de l’Université Jamia Millia Islamia à New Delhi et Résident 2013 à l’IEA de Nantes

« Alors que nous nous dirigeons vers le 21ème siècle, le modèle politique et économique qui a servi de matrice pour l’ordre mondial dans la période de l’après-guerre, est en train de subir des transformations.

L’horloge recule. Avant l’arrivée de la dominance coloniale et impériale, l’Inde était leader et pionnière dans plusieurs domaines. Au moment de la création de la Compagnie des Indes orientales, l’Inde représentait 22,5% du PIB mondial tandis que la Grande-Bretagne seulement 1,8%. Quand les britanniques quittèrent le pays, après presque deux cents ans de régime colonial, c’était l’inverse ! Aujourd’hui, le PIB de l’Inde se retrouve parmi les dix premiers mondiaux et se voit devenir comme le troisième plus grand au cours des vingt prochaines années. Cela contribue au redressement de l’économie mondiale. Ne serait-il pas raisonnable de penser que les colonisés et les exploités puissent à nouveau occuper leur place sous le soleil, comme le dit l’expression, et jouer un rôle dans l’établissement de règles et standards globaux s’ils deviennent, une fois de plus, des économies de premier plan ? D’un point de vue politique, « le printemps arabe » et « les révolutions de couleur » ont démontré la faiblesse des structures et procédures politiques que le peuple ne cautionne pas. Cela a fait ressortir les limites des régimes non représentatifs et peu sensibles aux aspirations légitimes du peuple. La démocratie a permis à l’Inde -une société multi-ethnique, multiculturelle, multi-religieuse, multilingue et pluraliste- de conserver une unité politique, économique et sociale.

C’est probablement dans la reconnaissance de nouvelles réalités que l’on parle de déplacement du centre de gravité des affaires internationales de l’Atlantique aux océans pacifique et indien. Cela pourrait être considéré comme un corollaire naturel du déplacement démographique. On estime que d’ici 2025, les deux tiers de la population mondiale habiteront en Asie. L’Inde et la Chine comptent déjà les deux cinquième de cette population. Les économies asiatiques (la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Vietnam et autres) ont bien réussi et représentent un potentiel de croissance future. Les problèmes certes subsistent, mais en Asie - comme dans les principales régions émergentes - le monde semble bien différent : un monde de défis mais également un monde de « dynamisme résilient » comme l’a récemment formulé Christine Lagarde, la Directrice générale du FMI.

Si effectivement, il se produit un tel déplacement en conséquence de la montée d’économies émergentes, nous devrions anticiper pour le futur que l’Inde (et les pays émergents) envisage pour elle-même au niveau régional et mondial.

TCA Rangachari

Mardi 19 Mars 2013, 18h00-20h00

Conférence de Antonia Grunenberg, résidente de l’IEA 2010/2011 et professeur en sciences politiques à l’université Carl Ossietzky (Oldenburg-Allemagne).

« Walter Benjamin, le philosophe et critique littéraire allemand (1892-1940) aimait la littérature française de même qu’il s’intéressait aux évènements politiques en France. Ses essais sur la littérature française, comme ses critiques des nouveautés littéraires françaises dans des journaux allemands, témoignent d’une relation profonde avec la France. En tant que Juif et Allemand et en même temps « homme de lettres » dans la culture française, il était l’un des premiers philosophes européens dans l’ère du nationalisme raciste. La présentation va traiter en premier de la « vie française » de Walter Benjamin. »


Mardi 2 avril 2013, 18h00-20h00

"La vulnérabilité et la structure des droits de l’homme – L’exemple de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme"

Conférence de Samantha Besson, Chaire de droit international public et de droit européen, Co-directrice de l’Institut de droit européen et Déléguée aux relations internationales de la Faculté de droit de l’Université de Fribourg.

« La vulnérabilité est un concept polysémique. De manière générale, on peut dire qu’il s’agit de la qualité de l’individu ou du groupe susceptible de faire l’objet d’une atteinte à ses intérêts, c’est-à-dire la qualité de celles et ceux qui sont menacés de ces atteintes. Le concept de vulnérabilité joue un rôle important dans le domaine des droits de l’homme, et c’est donc l’un des champs privilégiés où tenter de la saisir. Comprendre la vulnérabilité est d’ailleurs central à une bonne compréhension des droits de l’homme et de leur structure. Tel sera l’argument de ma présentation. Il s’agira de démontrer l’importance de la vulnérabilité pour les droits de l’homme au travers de divers aspects de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, tout en expliquant pourquoi la Cour ne définit jamais la vulnérabilité ni ne cherche à justifier sa fonction. Ce même rôle pivot mais discret de la vulnérabilité dans la structure morale des droits de l’homme peut être observé en philosophie des droits de l’homme, même s’il n’est que rarement traité expressément et ce à quelques exceptions près comme dans l’ouvrage séminal d’Henry Shue (Basic Rights). Mon exposé débutera donc avec quelques considérations générales sur la notion et le rôle de la vulnérabilité pour la structure des droits de l’homme en philosophie des droits de l’homme, et se poursuivra par un examen de la notion dans la jurisprudence conventionnelle et la discussion de quelques questions difficiles soulevées par la référence à la vulnérabilité dans ce contexte. »


Mardi 9 avril 2013, 18h00-20h00

"Pourquoi penser avec Ivan Illich?"


Conférence de Barbara Duden, résidente de l’IEA 2012/2013 et Thierry Paquot, professeur à l’Institut d’Urbanisme de Paris.

"En quoi les ouvrages d’Ivan Illich (1926-2002) nous parlent-ils encore et nous aident-ils à rendre intelligible le monde dans lequel nous vivons, tant bien que mal? Après avoir présenté les caractéristiques de la "pensée-Illich", Thierry Paquot tentera de répondre, en partie, aux trois questions suivantes :

Quel statut Ivan Illich accordait-il à l’histoire?

Pourquoi s’interrogeait -il tant sur la langue maternelle, lui qui n’en avait pas, à l’heure du numérique?

Que faut-il entendre par "penser avec"?

On l’aura compris, il s’agit de s’adosser à une pensée pensante et à partir d’elle de poursuivre son chemin sur la voie du connaître..."

Mardi 16 avril 2013, 18h00-20h00

"Humaniser la nature, naturaliser l’humain, aujourd’hui"

Conférence d’Augustin Berque, directeur d’études à l’EHESS.

" Cette formule d’inspiration marxienne – elle descend d’un thème des Manuscrits de 1844 : « Naturalisierung des Menschen, Humanisierung der Natur » (naturalisation de l’humain, humanisation de la nature) – veut exprimer une triple urgence. Celle, d’abord, de recosmiser notre existence, car l’exaltation du sujet individuel moderne a entraîné une décosmisation qui à terme est mortelle, aucun être ne pouvant vivre sans un monde commun (kosmos). Celle, ensuite, de reconcrétiser les mots et les choses,en les remettant dans le fil de leur histoire commune (leur croître-ensemble : concrescence); car l’arrêt sur objet propre à la modernité aboutit à dépouiller les choses de leur sens, faisant notamment du langage une aporie. Enfin,celle de réembrayer la nature et la culture, en passant nécessairement par la question du rapport entre histoire et subjectivité, ce à tous les degrés de l’être, allant, par l’évolution, de la vie la plus primitive jusqu’à la conscience la plus humaine. Recosmiser, reconcrétiser, réembrayer : devant ces trois urgences, la pensée occidentale est aujourd’hui plombée par ce qui hier a fait sa force : la structure mère sujet-verbe-complément, qui à partir de la langue a orienté notre logique (avec le modèle sujet-prédicat), notre métaphysique (avec l’identité de l’être) et de là notre science (avec l’en-soi de l’objet), toutes fondées sur le double principe d’identité et de tiers exclu, c’est-à-dire sur la forclusion du symbolique. Des exemples tels que la langue japonaise, dont la structure mère était d’un autre genre, ou que le tétralemme développé par les penseurs indiens, qui inclut systématiquement le tiers, nous montrent la voie : dépasser les apories de la modernité ne se fera pas sans l’appoint, logique et ontologique à la fois, des grandes civilisations de l’Asie. On ambitionne ainsi de faire mentir le fameux adage de Kipling, Oh, East is East, and West is West, and never the twain shall meet."

Mardi 7 mai 2013, 18h00-20h00

Conférence de Roger Chartier, chaire ‘Écrit et cultures dans l’Europe moderne’ au Collège de France.

Mardi 14 mai 2013, 18h00-20h00

Conférence de Jean-Luc Gréau

Mardi 11 juin 2013, 18h00-20h00

Conférence de Augustin Emane