2026-2025 : Une année de transformations et d'ouvertures

L'année 2025-2026 a été une année de transition, de consolidation et de nouveaux élans pour l'Institut d'études avancées de Nantes. Sophie Halart, directrice de l'Institut, revient sur les projets qui l'ont marquée, les partenariats noués et les convictions qui continueront de guider l'Institut dans les années à venir.

Sophie

Il est des années qui testent les limites, forgent les caractères, renforcent les convictions. C’est indéniablement une année de cette nature que l’Institut a vécue : une période d’inquiétudes et d’incertitudes face à l’avenir, mais aussi une année charnière, faite de réflexions, de rencontres et d’ouverture, de nouveaux partenariats et de nouveaux projets.

La fragilité peut agir de deux façons sur un corps: le pousser à s’enfermer, dans une logique de survie souvent mortifère; ou, au contraire, lui insuffler l’énergie de prendre des risques et de s’ouvrir. Nous avons, à l’Institut, fait le choix de cette seconde voie.

Cette année, l’Institut a achevé sa transformation en Fondation sous égide de la Fondation Nantes Université. Ce changement de statut n’est pas seulement administratif; il traduit une vision scientifique et partenariale, celle d’un ancrage renforcé dans l’écosystème de recherche nantais, tout en préservant l’indépendance et la dimension internationale qui font notre singularité.

C’est sur ces bases rénovées que l’Institut a poursuivi, sans jamais l’interrompre, sa mission première: l’hospitalité scientifique. Dans un contexte où ni la promotion internationale ni les résidences FIAS n’ont pu être déployées, l’Institut a néanmoins accueilli dix chercheuses, chercheurs, artistes et personnalités invitées à différents moments de l’année. Autour d’eux, l’année scientifique s’est organisée selon trois grands axes, tous traversés par une même conviction : que la portée internationale de la recherche se déploie d’autant mieux qu’elle s’ancre dans un territoire, grâce à des partenariats scientifiques et culturels noués au plus près de Nantes.

Habiter. 

La Chaire Habiter au prisme des limites planétaires, portée avec l’Agence d’Urbanisme de la Région Nantaise (AURAN), l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes (ENSA) et le groupe SCE-KERAN, a accueilli sa seconde résidente, l’anthropologue Verónica Calvo Valenzuela. Sa conférence inaugurale en octobre 2025, « Habitabilité et ancestralité », donnée en partenariat avec le Chronographe, a ouvert une réflexion sur l’habitabilité pensée depuis le temps long et le dialogue avec les études de la zone critique. Le cycle des ateliers « Où atterrir ? », qui s’est tenu toute l’année, a réuni chercheurs, aménageurs et étudiants pour réapprendre à décrire nos territoires de vie et nos interdépendances. 

Le projet Vers une internationale des rivières et autres éléments de la nature (2023-2026), imaginé par Camille de Toledo et mené avec le Lieu Unique, l’association Notre Affaire à Tous, avec le soutien de la Ville de Nantes, a connu l’aboutissement de ses trois années de travail avec un troisième temps fort : La Grande Assemblée, où chercheurs, citoyens, artistes et élus ont délibéré des propositions de lois rédigées par le Conseil des Témoins reconnaissant Loire et son estuaire comme sujets de droit. Ces propositions, portées par le député Charles Fournier, ont fait l’objet d’un dépôt de loi à l’Assemblée nationale en juin dernier.

Les communs. 

La Chaire Communs. Savoirs, pouvoirs & crises a inauguré sa première édition le 13 avril 2026 avec la conférence « Repenser les systèmes alimentaires comme biens communs », réunissant les initiatives alimentaires nantaises et les trois chercheuses mexicaines en résidence à l’Institut – Paola Abril Campos Rivera, Claudia Rosina Bara et Karla Nicol Hernández Puente – autour d’un dialogue transatlantique sur l’alimentation comme bien commun.

Ce même axe s’est incarné dans le projet de recherche-création Diaspo’Roots de Ma-Woury Cissé, consacré aux communs immatériels des diasporas africaines, dont la première étape a culminé en juin 2026 avec le Festival Diaspo’Roots autour des mémoires et archives partagées de la communauté sénégalaise de Nantes. Ma-Woury poursuivra ces recherches à l’Institut dès septembre prochain en tant que deuxième résidente de la Chaire Communs.

Protection de la liberté académique et collaborations internationales. 

Un objectif central de l’année a été de renforcer les collaborations internationales, notamment au sein des réseaux d’Instituts d’études avancées. Dans un contexte mondial marqué par des attaques croissantes contre la science, l’Institut est devenu coorganisateur, avec le Collegium Helveticum de Zurich, du groupe de travail « Scholars at Risk » du réseau européen NETIAS. Il a accueilli à Nantes en mars dernier un workshop réunissant une dizaine d’instituts européens afin de réfléchir ensemble à la mise en place d’initiatives communes permettant de renforcer l’ambition des Instituts d'études avancées (IEA) comme lieux refuges.

Cet horizon international n’a de sens, pour l’Institut, que noué au territoire qui l’accueille. Tout au long de l’année, l’Institut a approfondi ses partenariats scientifiques et culturels nantais : avec Nantes Université, partenaire scientifique de premier plan; avec l’observatoire ONEVU (Université Gustave Eiffel) autour de la zone critique urbaine; avec la direction du patrimoine et le musée d’histoire de Nantes; avec Le Lieu Unique et Le Cinématographe, notamment dans le cadre du Festival IDÉAL porté par le TU; avec les NEF Animation et le Novelarium; avec la Maison Julien Gracq; et avec le réseau de recherche sur les Humanités bleues Sea More Blue…

Ces trois axes témoignent d’une recherche qui refuse de se refermer sur elle-même, particulièrement en cette époque de crises, qui épouse les textures d’un territoire et les voix d’un monde, et qui se met au service d’une diplomatie scientifique permettant aux chercheuses et chercheurs du monde entier de dialoguer entre eux et avec Nantes.

Rien de tout cela n’aurait été possible sans l’engagement entêté et passionné d’une équipe mobilisée dès le premier jour, ni sans les soutiens qui nous ont accompagnés tout au long de l’année : Nantes Métropole, soutien historique qui nous a renouvelé sa confiance; Nantes Université et sa Fondation, qui ont donné à l’Institut une nouvelle maison institutionnelle; notre Conseil d’administration et notre Conseil scientifique; l’amitié de nos partenaires et la patience de nos prestataires.

C’est avec eux, et avec cette même énergie, que nous aborderons l’année qui vient.