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"Des archives à l’IEA de Nantes: le fonds Michel Cartry"

par Maïlys Leyoudec
Étudiante en Master 2 Histoire et métiers des archives, Université d’Angers
Stagiaire à la bibliothèque Julien Gracq de l’IEA-MSH de Nantes


Depuis le début du mois de mars 2010 et pendant trois mois, Maïlys Leyoudec, étudiante en Master 2 Histoire et métiers des archives, option valorisation du patrimoine, travaille à la Bibliothèque Julien Gracq de la MSH-IEA de Nantes, sous la direction de Constance Cournède. Sa mission : classer le fonds Michel Cartry et valoriser le fonds audiovisuel de l’ethnologue.

Qui est Michel Cartry ? Cet ethnologue, décédé en 2008, a mené, depuis 1962, de nombreuses missions de terrain au Burkina Faso (anciennement Haute-Volta) qui lui ont permis d’appréhender la langue, les rites, et, à travers eux, les catégories de pensée de la population du pays gourmantché. Grande figure de l’ethnologie française, fondateur et directeur du laboratoire associé EPHE-CNRS « Systèmes de pensée en Afrique noire » de 1975 à 1990, enseignant à l’École pratique des hautes études jusqu’en 2000, il consacra sa vie à l’écriture d’articles, à l’animation de séminaires et aux réflexions intellectuelles autour des thèmes comme la divination, le rituel, l’espace et le corps, ou le deuil, entre philosophie, anthropologie, ethnologie et psychanalyse.

Suite à sa disparition en 2008, l’IEA a reçu son fonds d’archives ainsi que la majeure partie de sa bibliothèque. Celle-ci, contenant 1170 références, est indissociable et complémentaire du fonds d’archives car elle est exemplaire du mode de pensée, des réflexions et des centres d’intérêts du chercheur.

Son fonds d’archives rend compte de toutes ses activités et fonctions occupées au cours de sa vie professionnelle. Le plan de classement choisi illustre les différentes facettes du scientifique, et différencie donc les documents qu’il a produits en tant que chercheur, enseignant, directeur d’études et homme de terrain. Face à un fonds d’une telle ampleur, tant par son volume que par sa richesse, le travail de l’archiviste s’est découpé en quatre étapes : récolement (inventaire de toutes les boîtes et cartons), élaboration du plan de classement, classement à proprement parler (rédaction des analyses, conditionnement), rédaction de l’instrument de recherche.

Parallèlement au classement et à partir du fonds lui-même, une deuxième mission de valorisation est réalisée. Les documents audiovisuels du fonds (cassettes audio et bobines sonores) font l’objet d’une étude en vue de leur numérisation. Ces enregistrements sonores ont été produits lors de missions en Afrique et captent des scènes de vie depuis 1963 : contes à la veillée, chants funéraires, chants de circoncis, exercices linguistiques, récits de vie...
Cette étude est essentielle pour la valorisation du fonds, sa pérennisation et le même travail devra être fait par la suite pour valoriser également le fonds photographique.

La richesse de ce fonds se démontre aussi par la présence de notes de préparation de cours et textes des cours dispensés à l’École pratique des hautes études de 1974 à 2000, ainsi que ses notes de conférences, colloques et séminaires, notes de préparation et manuscrits des articles et travaux publiés. Une importante documentation de recherche étaye le fonds : tirés à part de ses propres articles, articles de collègues ethnologues, philosophes, historiens et linguistes ; documents souvent annotés de sa main.

Par conséquent, ses archives se révèlent importantes puisqu’elles contiennent ses notes de terrain et dossiers de recherche rendant compte de sa pensée et de sa réflexion, notes pour le moment inconnues du public intéressé. Les chercheurs en sciences humaines et sociales y trouveront des informations sur la population du pays gourmantché (aujourd’hui à l’est du Burkina-Faso et au Niger), son quotidien, son organisation sociale et politique, son système de parenté, ses rites (géomancie, rite sacrificiel, rites initiatiques entre autres), sa langue (le gulmancé appartenant à la famille linguistique dite voltaïque)..., ainsi que sur la pratique des scientifiques de terrain lors des missions. En effet, il s’agit ici de prendre connaissance autant des archives qui donnent une image de l’Afrique durant trente années (de 1963 à 1998), que des archives de l’ethnologue lui-même, archives qui rendent compte de sa démarche intellectuelle.

Note : Le fonds est en cours de classement. Son accès est soumis à des conditions particulières de communication. Se renseigner auprès de la Bibliothèque Julien Gracq (Constance Cournède : 02.40.48.30.45.)