Les pollinisateurs et pollinisatrices : prolonger le récit du projet

Le projet « Vers une internationale des rivières et autres éléments naturels » a été conçu comme un espace de recherche, mais aussi comme un récit en circulation, susceptible d’être repris, transformé et prolongé. À ce titre, il ne se limite pas aux travaux menés dans son cadre initial : il se déploie à travers une pluralité de formes, portées par celles et ceux qui s’en saisissent.

Ces gestes de reprise et de transformation sont au cœur de ce que le projet nomme ses pollinisateurs et pollinisatrices. Par analogie avec les dynamiques du vivant, ils désignent les acteurs - artistes, cinéastes, auteurs, photographes - qui contribuent à faire circuler les idées du projet, en les traduisant dans d’autres langages, d’autres médiums, d’autres espaces de réception.

Il ne s’agit pas d’illustrer un contenu existant, mais d’en proposer des réécritures. Chaque intervention constitue une manière singulière d’habiter les questions soulevées par le projet : comment représenter les fleuves et les milieux naturels ? Comment faire évoluer les cadres juridiques et politiques qui les concernent ? Et comment renouveler, plus largement, nos manières de raconter et de percevoir le vivant ?

Plusieurs formes de pollinisation ont ainsi accompagné le projet. Il a été reçu et transformé à travers le documentaire, avec le travail de la cinéaste Camille de Chenay ; par la photographie avec Anne-Marie Filaire ; ou encore par la bande dessinée avec Laurent Bonneau. Chacune de ces propositions déplace le projet, en explore certaines dimensions, et en ouvre de nouvelles lectures.

Cette dynamique reste ouverte. Le projet se conçoit comme un espace disponible à d’autres appropriations, selon une logique proche de celle de l’open source. Il invite à des prolongements, des détournements, des traductions, dans une perspective qui rejoint les engagements pour un « service public de l’imaginaire » défendus par Camille de Toledo.

Les actualités rassemblées ici donnent à voir ces différentes formes de circulation. Elles témoignent de la manière dont le projet continue de vivre au-delà de son cadre initial, à travers les pratiques, les récits et les regards qui s’en emparent.