Septembre 2026 à Juin 2027
La résidence de Calvin Minfegue s'inscrit dans le cadre des résidences FIAS.
Calvin Minfegue est enseignant-chercheur au département de science politique de la Faculté de sciences juridiques et politiques de l’Université Catholique d’Afrique Centrale au Cameroun. Chercheur à l’Institut des Politiques et Initiatives Sociales, un laboratoire de la même université, il est titulaire d’un doctorat en sciences sociales (option sociologie politique) de l’Université Catholique d’Afrique centrale et d’un doctorat en géographie (option géographie politique) de l’Université de Grenoble-Alpes.
Ses travaux ont porté jusqu’ici sur (i) les problématiques frontalières en Afrique centrale, abordées à partir de perspectives de géopolitique critique, (ii) les enjeux liés à l’hospitalité et aux dynamiques politiques autour des interventions humanitaires (en lien avec la question des réfugiés) ainsi que (iii) les transformations contemporaines de l’action publique en Afrique. Plus récemment, il développe un intérêt pour la question écologique telle qu’elle s’exprime dans les cosmogonies et les mobilisations sectorielles au Cameroun.
Il est membre du Conseil pour le Développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) ainsi que de l’Association pour l’anthropologie du changement social et du développement (APAD).
Le gouvernement tracassier. Essai d’analyse de la logique structurante d’un mode de gouvernance en Afrique centrale
Ce projet discute des tracasseries routières en accordant une attention fine à leur épaisseur politique. Non loin de considérer ces tracasseries comme des entraves aux processus d’intégration économique du continent ou comme réflecteurs de la qualité des modes régionaux de gouvernance, ce projet assume leur force structurante. À ce titre, les tracasseries sont considérées comme une modalité de gouvernement. Ainsi, elles ont pour effet de produire ou de réaffirmer, d’un point de vue situationnel et structurel, des sujets politiques spécifiques comme catégories de populations susceptibles de se voir appliquer des formes d’action émanant de figures de pouvoir. Elles sont donc constitutives de ce qui est nommé dans le cadre du présent projet, le gouvernement tracassier.
Ce gouvernement tracassier est exploré, empiriquement, sur trois terrains. Le premier concerne les logiques de prélèvement observées sur le corridor Douala-N’Djamena/Bangui et sur des routes rurales de la région de l’Est - Cameroun. Le deuxième s’intéresse aux tracasseries ciblant les réfugiés centrafricains qui circulent sur le territoire camerounais. Le troisième terrain porte sur les barrières routières et les tracasseries qu’elles rendent possibles dans des zones de la République centrafricaine.
Minfegue, C. (2021). Espace(s) de domination, espace(s) du relèvement. À propos de la pensée spatiale chez Eboussi Boulaga. Politique africaine, 164(4), 55‑72.
Minfegue, C. (2023). Trapped in the global? A look at the contemporary evolution of migration policies in Cameroon. Territory, Politics, Governance, 11(4), 730‑748.
Minfegue, C. (2023). Une « petite » localité face à l’accueil des réfugiés. Le bricolage et l’adaptation comme leviers d’une politique locale d’hospitalité à Garoua-Boulaï (Est-Cameroun). Migrations Société, 194(4), 27‑44.
Minfegue, C., & Sourna Loumtouang, E. (2023). La frontière nationale comme dispositif carcéral. Justifications et matérialités en situation camerounaise. Criminologie, 56(2), 169‑193.
Minfegue, C. (2023). Les corps des tracasseries : Circulation, corps et violence sur le corridor Douala–N’Djamena/Bangui. Canadian Journal of African Studies / Revue canadienne des études africaines, 57(2), 283‑303.
Minfegue, C. (2026). Les choses de la route. Barrages routiers, pouvoirs négociés et corps d’extraction à Kette (Est-Cameroun). Suds. Géographies critiques, perspectives des Suds, (291). (À paraître)