Biographie
Alix Levain est chargée de recherche en anthropologie au CNRS. Ses recherches portent sur l’expérience vécue des bouleversements écologiques contemporains, les politiques de la connaissance et les affects associés à la dégradation des écosystèmes. Inscrites dans une perspective d’anthropologie publique, elles abordent les transformations de l’environnement littoral au travers d’une analyse historique et comparative de l’émergence des problématiques de prolifération algale et des pollutions aquatiques. Sa thèse, soutenue en 2014, traitait de l’expérience vécue des marées vertes en Bretagne. Depuis 2019, Alix Levain participe à une recherche collaborative de grande ampleur sur le mouvement des Gilets jaunes et les « cahiers citoyens » (coord : M. Della Sudda), en prenant particulièrement en charge le volet consacré au rapport à l’écologie des personnes mobilisées. Ses travaux ont été publiés dans Techniques & culture, Environment & Society, Nature Sciences Sociétés, Environmental Sociology, Land Use Policy ou Science of the Total Environment. Elle a par ailleurs récemment codirigé Elusive Partners. Contemporary anthropological perspectives on marine Species (Muséum national d’Histoire naturelle Eds., 2023) et Des vies avec des plages: expériences, relations, devenirs (PUR, 2024).
Projet de recherche
Le projet développé s’appuie sur une enquête collaborative sur et autour des cahiers de doléances de Nantes Métropole pour réfléchir aux articulations entre conditions matérielles de vie, sensibilités écologiques et implication dans les transformations de la cité. Ces cahiers, collectés en 2018 et 2019, constituent en effet une source unique pour la compréhension des transformations socio-écologiques en cours, parce qu’y sont associés des enjeux démocratiques et que les citoyen·nes qui ont contribué à ces dispositifs de prise de parole ont utilisé toute la liberté que ce format leur permettait.
Dans ce contexte, le projet doit permettre :
- de saisir par le bas la façon dont conditions de vie et cultures écologiques se rencontrent, pour rendre compte de trajectoires d’écologisation socialement situées, ancrées dans une expérience de l’habiter
- d’explorer, dans une perspective d’anthropologie publique, les affects et régimes de sensibilité associés à l’expérience des limites planétaires sous l’angle des attachements et des processus de subjectivation politique associés
- d’expérimenter des espaces de co-interprétation à partir de paroles et écritures habitantes, et en restituer l’épaisseur.