Cette conférence du 15 octobre 2026 inaugure la troisième année de la Chaire Habiter au prisme des limites planétaires. Pour cette nouvelle résidence, l’Institut accueille l’anthropologue Alix Levain, qui consacrera ses recherches aux manières dont les limites planétaires sont perçues, discutées et appropriées dans une métropole en croissance. Intitulé « Conditions de vie et conditions de la vie. Problématisations et appropriations populaires des limites planétaires dans une métropole en croissance », son projet interroge les liens entre transformations environnementales, conditions d’existence et expériences habitantes. La conférence inaugurale, le jeudi 15 octobre 2026, sera l’occasion de découvrir son parcours, les enjeux de sa recherche et les perspectives de cette nouvelle année de résidence.
de 18h30 à 20h00
L’école nationale supérieure d'architecture de Nantes (ENSA)
6 Quai François Mitterrand, 44200 Nantes
Ouvert au public, entrée libre
Immensité, finitude, quotidienneté : l’habitabilité terrestre au prisme de l’expérience vécue
A rebours d’une lecture mettant l’accent sur l’insensibilité écologique de publics qui seraient à convertir, elle propose de penser l’expérience écologique comme une expérience des limites, profondément inscrite dans celle des inégalités sociales.
La pensée contemporaine des limites planétaires dessine les contours d’une accélération difficilement réversible des atteintes à l’habitabilité terrestre. Elle suscite un vertige de pensée caractéristique de l’expérience écologique contemporaine, et dont on pourrait supposer qu’elle égalise, rapproche l’expérience de citoyen·nes dont les conditions de vie diffèrent. Cette communauté d’expérience existe-t-elle ?
Depuis la quotidienneté des gestes, des émotions, des attachements, des aspirations, des épreuves et des combats qu’on pourrait trop rapidement qualifier d’ordinaires, la planétarisation de la finitude n’a pourtant pas les mêmes implications pour toutes et tous, en fonction des histoires de vie. L’exploration des prises de parole habitantes collectées et conservées dans les « cahiers citoyens » en 2018-2019 permet d’en prendre la mesure. Elle ouvre une rare fenêtre sur l’expression des préoccupations écologiques, ses conditions de possibilité socialement et politiquement différenciées, et la façon dont elles s’articulent avec les conditions de vie, les enjeux de justice, de connaissance et de reconnaissance. Les travaux de la Chaire y seront cette année consacrés.