Séminaire
06 janvier 2022
Conférence

Séminaire "Vie – Numérique - Santé" - Cycle 2021-2022 - organisé sous la direction scientifique de Giuseppe Longo et Maël Montévil Jeudi, 6 janvier 2022 - 14h30

14h30 - INTRODUCTION

par Maël MONTEVIL, La République des savoirs

14h40 – LA PROLETARISATION DE LA PENSEE EN BIOLOGIE

par Ana SOTO, École de médecine de l’Université de Tufts, Etats-Unis, Fellow IEA 2021-2022

15h40 - DISCUSSION GENERALE

animée par Maël MONTEVIL, La République des savoirs

Pour suivre la conférence à distance

Sujet : IEA-Nantes - Atelier "Vie Numérique Santé" - jeudi 6 janvier 2022 - 14h00

Heure : 6 janv. 2022 02:00 PM Paris

Participer à la réunion Zoom

https://us02web.zoom.us/j/81011831417?pwd=d3VXVGhrYXA2aVNRM0FmeEVoTUpkQT09

 

ID de réunion : 810 1183 1417

Code secret : numerique

En biologie comme en médecine, le numérique joue depuis longtemps et de façon croissante le rôle d’outil technique, de la preuve statistique aux bases de données massives et à la publication. Mais elle joue aussi le rôle de modèle mathématique, voire de cadre conceptuel pour une approche théorique et pour une justification de l’action. Du mythe du programme génétique, de l’ADN comme codage complet de l’information biologique, on est passé aux grandes promesses de la médecine de précision, basée sur des corrélations détectées dans des grandes bases de données, à l’individuation des soins (‘‘médecine personnalisée’’) basée sur les données génétiques.

Des parcours scientifiques alternatifs ont eu des difficultés à se frayer un chemin dans le passé et se trouvent encore aujourd’hui marginalisés. L’épigénétique, même restreinte à l’analyse moléculaire du protéome cellulaire, ne retrouve que depuis peu une place en biologie de l’organisme. Une vision unitaire de ce dernier n’est pas encore théorisée de façon satisfaisante et elle est rarement au cœur des projets de recherche, surtout des plus importants, concentrant les moyens autour de projets essentiellement technologiques. On voit alors des difficultés à penser théoriquement le regard global du clinicien sur le malade, du biologiste sur l’organisme et sur son écosystème. Quel rôle le numérique a-t-il eu et continue-t-il à avoir dans l’essor des nouvelles technologies en biologie et en médecine, quel apport constructif et quels biais a-t-il produit suite à ces applications ?

On essayera d’analyser le parcours historique qui a conduit à une nouvelle alliance entre une vision, propre au numérique, de la ‘‘détermination’’ scientifique, qui structure la causalité, et une hégémonie culturelle des outils numériques, qui organisent le social. Un dialogue entre scientifiques et humanistes est au cœur de notre projet. Nous pensons en effet que l’épistémologie des mathématiques et de la physique ont joué un rôle important dans la construction des savoirs du vivant au cours du XXe siècle et que leur impact sur l’humain a été subordonné à des formes de ‘‘gouvernance’’de l’homme et de la nature qui ont façonné la recherche dans toutes les sciences. Il s’agira de comprendre l’articulation de cet impact dans ces dernières années, quand les Big Data et, par conséquent, la « personalized medicine », ont accru le rôle de la collecte des données à partir des tous le « -omics » (genomics, proteomics, metabolomics ...), molécule par molécule. Le but de ces recherches est alors de replacer l’organisme, l’humain et le social, vus dans leur rapport à l’écosystème, au centre des préoccupations dans les sciences du vivant.

Nous pensons que, par le biais d’une réflexion générale, ce séminaire pourra aussi toucher certains des questions d’actualité comme les transformations des systèmes de santé que la pandémie de Covid 19 a contribué à mettre en lumière. Pourraient notamment être abordées :

  • les impasses de la gouvernance de la santé par les nombres (notamment celles du New Public Management du secteur hospitalier) ;
  • la montée en puissance des outils informatiques dans la prévention et le traitement des maladies ;
  • le conflit entre les logiques entre l’accès universel au soins et l’assimilation des biens médicaux à des services marchands ;
  • le lien entre la globalisation économique et la montée en puissance de nouveaux risques sanitaires ;
  • la diversité des systèmes d’assurance maladie ;
  • la solidarité internationale dans le domaine sanitaire.