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26 Avril 2010
Nouvelle

"Le respect de la forme dans la traduction littéraire" Deux conférences par Douglas Hofstadter

Mardi 27 et mercredi 28 avril 2010 Salle du Conseil IEA de Nantes, 5 allée Jacques Berque à Nantes

Mardi 27 avril 2010 à 15h :
À la louange de la mélodie des mots

La beauté, qu’elle soit sonore ou visuelle, est très importante dans la création littéraire, et pourtant, dans la re-création littéraire - c’est-à-dire, dans la traduction - son rôle crucial est souvent minimisé ou négligé, voire balayé avec dédain. C’est une curieuse attitude que certains esprits trouveront difficile à comprendre. Le moins qu’on puisse dire est qu’elle a besoin d’un fort contrepoids que nous tenterons d’apporter, espérant lui faire sonner le doux glas qu’elle mérite. À l’aide de plusieurs exemples (y compris des poèmes de Clément Marot, John Updike, Wang Wei, etc.), d’abord dans leurs versions originales, ensuite dans diverses traductions, nous montrerons comment le respect de la beauté de l’original et la recherche d’une beauté reflétée peuvent inspirer des œuvres nouvelles foisonnant de surprises et d’agréments.

Mercredi 28 avril 2010 à 15h :
La place d’honneur de l’analogie dans la traduction

Plus une œuvre de littérature est dictée par une structure formelle ou un style personnel, plus elle est métaphoriquement mariée à sa langue d’origine et du coup plus elle nous semble intraduisible. Et pourtant un traducteur suffisamment téméraire, espérant séduire une œuvre réputée inaccessible, incorruptible, et résistante à toute tentation, se croyant capable d’identifier les caractéristiques les plus insaisissables et donc essentielles de ce mariage théoriquement inégalable, cherchera ardemment des analogies qui lui permettront d’évoquer des effets parallèles dans la langue de destination, analogies qu’il exploitera alors à profusion dans son sournois scénario de séduction. La myriade de choix instinctifs qu’il fera déterminera la viabilité de l’accouplement qu’il tentera avec tout son talent de réaliser. À l’aide d’un éventail d’exemples (Abraham Lincoln, Georges Perec, Vikram Seth, Alexandre Pouchkine, etc.), nous examinerons le rôle des analogies créatives dans la traduction et verrons comment ces analogies déterminent la nature et la qualité de diverses tentatives d’apparier des œuvres littéraires farouchement résistantes à l’enlèvement avec des véhicules linguistiques tout aussi avides de la possession.

 

Eléments biographiques: 

Douglas Hofstadter est professeur de sciences cognitives et de littérature comparée à l’Université d’Indiana à Bloomington, où il dirige le Centre de Recherche sur les Concepts et la Cognition. Son premier livre Gödel, Escher, Bach : les Brins d’une Guirlande Éternelle, publié en 1979, obtint le Prix Pulitzer en 1980. Depuis, il a écrit plusieurs autres livres, y compris Vues de l’Esprit, Ma Thémagie, Ambigrammi, Le Ton beau de Marot, et Translator, Trader, les deux derniers étant des études approfondies de la traduction littéraire. Il a également traduit quelques romans en anglais, notamment La Chamade de Françoise Sagan, La Scoperta dell’Alba di Walter Veltroni, et le roman en vers Eugène Oniéguine d’Alexandre Pouchkine, qu’il a rendu en strophes onéguiniennes, calquées très précisément sur celles de l’œuvre originale.