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Conférence de Michel Bitbol : « La conception naturaliste de la conscience à l’épreuve du dialogue socratique »
23 Juin 2015
Conférence

Conférence de Michel Bitbol : « La conception naturaliste de la conscience à l’épreuve du dialogue socratique »

Le mardi  23 juin 2015 à 18h dans l’amphithéâtre Simone Weil.


Michel Bitbol est Directeur de recherche CNRS aux Archives Husserl, ENS, Paris. Après avoir poursuivi des recherches scientifiques de 1978 à 1990, il s’est tourné vers la philosophie de la physique. Il a traduit et commenté des textes de Erwin Schrödinger, et a élaboré une interprétation néo-kantienne de la mécanique quantique. En 1997, l’Académie des Sciences Morales et Politiques lui a décerné le prix Grammaticakis-Neumann de philosophie des sciences. Par la suite, il s’est concentré sur les liens entre la philosophie de la théorie quantique et la philosophie de l’esprit, et a travaillé en collaboration étroite avec Francisco Varela dans le sillage de ce travail. Il a développé récemment une conception de la conscience inspirée par une épistémologie de la connaissance en première personne.

Ses domaines de recherche sont : l’histoire de la physique du vingtième siècle (Erwin Schrödinger) ; la philosophie de la physique contemporaine (mécanique quantique, Théorie quantique des champs) ; la philosophie générale de la connaissance (Epistémologies transcendantales, de Kant aux néo-kantiens) ; la philosophie de l’esprit (Le concept de conscience et le physicalisme).

Son dernier ouvrage paru en 2014 aux éditions Flammarion, "Bibliothèque des savoirs" s’intitule : « La conscience a-t-elle une origine ? : Des neurosciences à la pleine conscience : une nouvelle approche de l’esprit »


Thème :

« Les thèses dualiste et physicaliste, que l’on tient pour diamétralement opposées dans le débat contemporain sur la conscience, ont en vérité une lacune en commun. Cette lacune capitale est leur incapacité à saisir la spécificité de l’être-situé, et leur tendance corrélative à le réifier. Dualistes et physicalistes se trouvent conjointement condamnés à maintenir cette lacune et à ne pas la voir, pour la simple raison qu’ils partagent un présupposé naturaliste. Si nous voulons sortir de cette voie sans issue, et de cette fausse opposition, il faut donc mettre radicalement en cause le présupposé naturaliste. Cela exige d’admettre que la question de la conscience ne se décide pas sur le terrain des théories de la nature, mais sur celui la vie et des postures qu’on y adopte. Or, s’il en va ainsi, la méthode philosophique utilisée pour en débattre doit être adaptée. Un philosophe décidé à aller au fond de la question de la conscience ne peut plus se contenter de parler de son être-situé comme si c’était une entité abstraite : il doit se situer concrètement, en personne, dans l’espace des possibles dessiné par l’activité philosophique. Il doit s’y situer lui-même au cours d’un dialogue contradictoire où chaque interlocuteur est prêt à engager, bien au-delà du discours, ce qu’il est au moment où il parle. »
Michel Bitbol - Archives Husserl, Paris

 

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