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8 Novembre 2011
Conférence

Concert de Wasiffudin Dagar le mardi 8 novembre à 18h00 Dans le cadre d’ ITINERAIRES ARTISTIQUES par Cosmopolis

Le dhrupad, musique dévotionnelle remontant aux temps védiques est ancienne et néanmoins contemporaine. Elle respecte rigoureusement la grammaire du style dans sa pureté originale mais la présentation est très personnelle car le musicien a toute liberté d’improvisation sur le thème du raga à condition de ne pas sortir des limites de l’épure caractérisant le style de dhrupad de la Dagarvani : élaboration détaillée de l’alap, mode d’approche des enchainements musicaux, précision au laser des microtons.
Le groupe est composé de quatre musiciens. Le chanteur lui-même, son percussionniste au pakhawaj, et deux musiciennes l’accompagnant au « luth » indien, le tanpura. De ce riche bourdon à quatre cordes, jouées en boucle en assurant une vitesse et un effleurement réguliers et veloutés, émergent les microtons spécifiques du morceau choisi et émane le son dans lequel vient fusionner la voix du chanteur qui parcourt trois octaves avec aise et parfois à la vitesse vertigineuse de l’éclair.
Un récital de dhrupad se déroule en deux phases distinctes. « L’alap », sans texte ni percussion extérieure est articulé en trois segments, lent, moyen et rapide et le musicien dépeint la charge émotive du raga par son jeu à travers l’archétype musical des notes. La « composition » est une reprise du thème musical mais avec un texte poétique le plus souvent à la louange de divinités hindoues chanté sur le rythme d’une mesure , « tala », marquée et enrichie par l’accompagnement du pakhawaj. Il y a aussi des compositions à la louange de saints soufis. Dans cette partie, les deux musiciens abondent de surprises par leurs improvisations respectives, mais se doivent de se retrouver infailliblement sur le premier battement de la mesure choisie.

Wasifuddin Dagar

L’exceptionnelle qualité de ce musicien a été reconnue par le Gouvernement de l’Inde qui lui a décerné l’équivalent de la Légion d’Honneur en France. Depuis 1995, il a fait apprécier avec grand succès le dhrupad dans la plupart des pays européens où il a été régulièrement invité à se produire: Allemagne, Belgique, Espagne, Finlande Hollande, Hongrie, Portugal, Royaume-Uni, Suisse. Il a donné des concerts à Paris, entre autres, pour l’UNESCO, le Théâtre de la Ville, le Collège de France ; à Lille pour « Bombaysers de Lille » et dans bien des festivals réputés, dont le «Festival Meera Bhai» au Théâtre du Rond-Point, « Les Moments Précieux d’Arles-Suds ». Il a été régulièrement invité en tournée en Asie : Japon, Thaïlande, Bangladesh et Pakistan et aux Etats-Unis où, entre autres, il a représenté cette musique spirituelle la plus ancienne de l’Inde au Sommet mondial de la Paix tenu en 2000 au siège des Nations-Unies à New York, et a aussi participé au Festival de Musique Sacrée du Dalai Lama organisé par Philip Glass. Il a des enregistrements par des labels renommés : UNESCO, JECKLIN, NAVRAS, SENSE, RAGARECORD, MUSIC TODAY...
Cette expérience de publics variés a permis à Ustad F. Wasifuddin Dagar, sans jamais déroger aux principes de ce style plusieurs fois millénaire, le dhrupad, de savoir trouver le chemin du plaisir et de la connivence avec son public. Il a une étonnante capacité de mise en résonance de l’audience qui en vient à vibrer à l’unisson de son chant. La profondeur de sa personnalité se révèle dans ses envolées portées par son talent imaginatif, son art de l’innovation et des improvisations parfois poétiques et tendres, parfois puissantes presque échevelées. Il aime dire que pour lui la musique c’est « pitch, pulse and pause » les notes, le rythme, et le silence. En Inde, il a fréquemment donne des concerts et des causeries pour les étudiants de collèges et universités. Il a également eu de telles expériences au Japon et au Portugal.

Le concert aura lieu à l’IEA de Nantes dans l’amphithéâtre Simone Weil.