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Philippe Séguin, le remords de la droite
5 June 2018
Lecture

Philippe Séguin, le remords de la droite

par Arnaud Teyssier

Le mardi 5 juin 2018, à 18 heures à l'IEA de Nantes, entrée libre.

Pour clore le cycle de conférence, l'Institut invite Arnaud TEYSSIER, auteur de "Philippe Séguin : le remords de la droite" (Perrin, 2017). Également historien et membre du Conseil d'administration de l’IEA,  Arnaud Teyssier vient présenter une conférence intitulée Philippe Séguin, « républicain » et « gaulliste social » : un regard sur l’évolution de la Vème république et l’inachèvement de la construction démocratique française.

Philippe Séguin (1943-2010) a été une personnalité politique considérable dans l’histoire de la Ve République, plus par sa stature personnelle, son style et l’expression vigoureuse de ses idées que par l’abondance des responsabilités nationales exercées (deux années comme ministre des Affaires sociales en 1986-1988, quatre années comme président de l’Assemblée nationale de 1993 à 1997). Les années 1990 furent sa période de plus grande notoriété, en raison de son engagement emblématique contre le traité de Maastricht (1992) et de la figure de « recours » qu’il incarna face à des orientations plus « libérales » de la droite de filiation gaullienne, dans un contexte de grande incertitude institutionnelle (cohabitations successives, passage du septennat au quinquennat, européanisation croissante des outils et des enjeux de la politique intérieure).

Il est d’usage de présenter Philippe Séguin comme une personnalité forte et respectée – on se souvient de l’ampleur de l’hommage national qui lui fut rendu, à sa mort, aux Invalides -, mais aussi atypique, turbulente, enfermée dans une vision excessivement « nationale » des questions économiques et sociales, jugée trop en marge de la politique traditionnelle et des enjeux de la mondialisation.

La conférence se propose de montrer, au contraire, que Philippe Séguin représentait une vision parfaitement orthodoxe et cohérente des institutions de la Ve République, que le gaullisme social, dont il était porteur, n’a jamais été qu’une composante essentielle d’une puissante tradition politique française – le gaullisme n’étant pas seulement un mouvement historique lié à la personnalité exceptionnelle du général de Gaulle, mais une étape fondamentale dans la construction laborieuse de la démocratie française : construction qui est loin d’avoir atteint sa maturité, et dont on pourrait même soupçonner qu’elle est entrée en régression avant même d’avoir été achevée, comme l’avait prophétisé Philippe Séguin et comme s’attachent désormais à le souligner plusieurs essais récents parus dans différentes disciplines.

Arnaud TEYSSIER est ancien élève de l'École normale supérieure et de l'École nationale d'administration (promotion Condorcet, 1990-1992). Il a été conseiller de Philippe Séguin à l'Assemblée nationale, directeur du Centre d'études et de prospective du ministère de l'Intérieur de 2003 à 2008 et Professeur associé à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne de 2006 à 2014. Arnaud Teyssier est actuellement inspecteur général de l'Administration (IGA) et depuis 2015 professeurs associé à l'École normale supérieure et co-directeur de la Prép'ENA Paris I-ENS, où il enseigne les questions contemporaines. Il est l’auteur de Richelieu : La Puissance de gouverner, (Michalon,20017) ; Charles Péguy : Une humanité française (Perrin, 2008) ; Louis-Philippe : Le Dernier Roi des Français (Perrin, 2010) ; Histoire politique de la Ve République : 1958-2011 (Perrin, 2011) ; Richelieu : L'Aigle et la Colombe (Perrin, 2014).

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