IEA

Accueil

Mappemonde Sud - Nord (Vlad Studios tous droits réservés)

Mission

Comme tous les Instituts d’Études Avancées, celui de Nantes a pour mission première d’aider des chercheurs dont la créativité intellectuelle est reconnue, à mener à bien des projets innovants. Toutes les candidatures répondant à ces critères sont donc les bienvenues, sans exclusive thématique ou disciplinaire.

L’ambition particulière de l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes est de contribuer à ouvrir l’étude et la connaissance de l’humain à d’autres points de vue que celui de l’Occident. Au lieu de considérer les autres grandes civilisations comme des objets d’étude ou comme des terres de mission, il s’agit de créer un nouveau style de relations intellectuelles entre pays du "nord" et du "sud". Les pays dits « développés » (i.e. très approximativement ceux de l’Amérique du Nord, de l’Europe, de l’Australie et du Japon) ont jusqu’à une date récente dominé la scène des sciences sociales et considéré « le reste » du monde (où vit aujourd’hui plus de 85% de la population mondiale) plus comme des terrains d’observation ou des élèves que comme de véritables partenaires. Aujourd’hui encore une proportion écrasante des chercheurs invités dans les colloques ou les universités du « Nord » sont issus des universités du nord, les chercheurs du sud ne se trouvant conviés de façon significative que dans le cadre des travaux des aires culturelles (area studies). Cette tendance fait courir aux sciences sociales le risque de s’enfermer dans des boucles autoréférentielles et dans la croyance illusoire que leurs catégories de pensée sont universelles et intemporelles.

Bien sûr, cela n’a pas empêché quelques savants improgrammables (par exemple des hommes comme Jacques Berque ou Marcel Griaule) de ne pas œuvrer dans ce sens, mais telle était et telle demeure l’orientation générale. Tout au plus admet-on aujourd’hui qu’il existe dans ces autres cultures des « ressources » esthétiques ou philosophiques qu’il serait possible de s’approprier comme on le fait des ressources minières ou botaniques, ou bien qu’il faudrait protéger de la disparition en les muséographiant.

La démarche de l’IEA de Nantes est différente. Elle suppose que la petite communauté scientifique réunie chaque année au sein de l’institut soit composée de savants dont le bagage intellectuel et culturel soit très différent, mais qui partagent le même type de perplexité et dont les projets aient suffisamment de points de contacts. En revanche il n’est nullement exigé des résidents que leur projet de recherche ait en lui-même une dimension « nord-sud ». Exemple tiré de notre première promotion de résidents : un historien européen travaillant sur l’Europe y est le bienvenu, qui a considéré pouvoir mieux comprendre l’Europe en travaillant au côté de collègues du sud qui ont sur elle un regard extérieur.

Vivant et travaillant sous le même toit pendant plusieurs mois, les résidents de l’Institut peuvent confronter la manière dont ils perçoivent des questions qui, avec le processus de globalisation, se posent désormais à tous. Rompant avec l’unilatéralisme dominant, qui veut que les chercheurs du Sud se mettent à l’école de ceux du Nord, cet Institut aspire à devenir un lieu d’apprentissage mutuel et une pépinière de liens et de collaborations durables entre intellectuels de tous continents.