Philosophe, Professeur à l’Université de Yaoundé I (Cameroun)
Tèl : 02 40 48 30 32
Période de résidence à Nantes: janvier à juin 2009.
Projet de recherche:
"Ajustement culturel et transition "postmoderne" en Afrique: une approche philosophique".
Résumé :
Versant culturel de l’ajustement structurel, selon le diktat du FMI et de la BM, la transition postmoderne s’enracine dans un héritage intellectuel qui postule la fin de l’histoire, l’appropriation des valeurs individualistes (hédonisme, liberté, initiative personnelle, accomplissement de soi, démocratie libérale) d’une part, l’abandon des valeurs collectives (patriotisme, nationalisme, militantisme révolutionnaire) d’autre part. C’est dans cette perspective que la post-modernité/colonialité incite l’Afrique à se projeter au-delà de l’afro-radicalisme (révolution africaine) et de l’authenticité (nativisme) ; contre la théorie du développement et la conception objectiviste de la mondialisation centrée sur l’opposition Centre-Périphérie, elle oppose des formes culturelles subjectivisées, désinstitutionalisées, fluides, hybrides, toutes choses censées préparer une transition vers l’économie de marché. Notre recherche insiste sur le rôle joué par la réforme de l’éducation dans la réalisation de ces objectifs et sur l’ambiance intellectuelle créée par le poststructuralisme qui favorisa les doctrines hostiles à la recherche du sens et des fondements. Même en Afrique, l’évacuation structurale du contenu au profit de la forme, du style et de l’esthétique avait pour but la promotion d’un nouveau type de sujets, schizoïdes, hédonistes et prêts à assimiler, de façon non critique, les messages de la publicité. Ultimement donc, la transition postmoderne proposée à l’Afrique vise à transformer les citoyens en consommateurs dociles.