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Mardi 12 mai 2009 à 18h : Conférence de Jacques Revel : "Échelles et discontinuités.
Sur les représentations historiennes du social"
Jacques Revel, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris)
Échelles et discontinuité
Le débat sur les échelles d’observation et d’analyse du monde social - dans notre cas, du monde historique - n’est pas nouveau, même s’il a connu, depuis une génération, une intensité nouvelle et s’il a été l’objet de reformulations au moins partielles. Depuis les années 1980, le programme d’une micro-histoire a été reçu comme une proposition nouvelle, dérangeante, ne serait-ce que parce qu’il rompait explicitement avec les conventions souvent tacites de l’histoire sociale dominante. Dans le courant des années 1990, comme par un jeu de balancier, c’est la perspective d’une histoire globale qui semble être revenue au premier plan. Il serait bien entendu trop simple - et à dire vrai, simplificateur - de ne voir là que des effets de mode historiographique, ou encore une série d’oscillations autour de ce qui pourrait être un point d’équilibre bien illusoire.
La thèse que je voudrais défendre ici est que ces propositions, qui sont le plus souvent affichées (et qui sont certainement perçues) comme alternatives, voire antagonistes, renvoient toutes ensemble à un certain nombre d’interrogations sur la nature et sur le fonctionnement des objets sociaux que nous choisissons d’étudier et sur les démarches qui tentent de fournir des réponses à ces interrogations. J’espère montrer en outre que le jeu raisonné sur les échelles d’observation et d’analyse du social, produit de la discontinuité et qu’il en tire son efficacité.
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